Jeudi 27 avril 2006
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J'ai rédigé un mémoire, en collaboration avec virginie pham sur le thème des LBO lors de mon master de finance au CNAM.
Le lien de téléchargement de ce travail est le suivant.
http://www.aficnam.org/IMG/pdf/MemFE03_07_-_LBO_Financement_acquisition_des_entreprises_-_PHAM_GARCIA.pdf
j'autorise toute utilisation, mais si vous me citez ayez la courtoisie de mentionner votre source et de me faire un signe.
Le résumé de ce travail est reproduit ci après:
Sumary
Les opérations à effet de levier mettent en oeuvre la combinaison de quatre leviers
principaux. Les mécanismes prévalant pour chacun d’eux sont relativement simples. La
complexité de ce type d’opération est néanmoins générée par la multiplicité des divers
niveaux de combinaisons possibles. Les principaux effets de levier sont le levier
financier, le levier fiscal, le levier juridique et le levier social et managérial.
Le levier financier est souvent résumé par le fait qu’il consiste à permettre le
financement d’un projet grâce à l’argent des autres. Cet effet de levier est la résultante
d’un phénomène simpliste, qui est le différentiel entre la rentabilité intrinsèque d’un
bien ou d’une entreprise et le coût des capitaux ayant permis de le financer. On
pourrait par extension penser que celui-ci sera d’autant plus important que les fonds
d’emprunt seront généreusement octroyés. C’est faire abstraction du coût de faillite qui
tend à être une fonction proportionnelle de la part des fonds propres alloués à
l’opération. L’opération, la plupart du temps, ne peut simplement pas être montée.
L’effet de levier fiscal
Le levier fiscal résulte des moyens mis en oeuvre permettant de minimiser le coût
d’opportunité fiscale du montage de LBO, en palliant l’existence simultanée d’un déficit
fiscal dans la société holding et d’un résultat imposable dans la cible. D’autres solutions
alternatives à levier fiscal mais d’un intérêt économique moindre sont l’utilisation d’une
société holding impure et la transformation de la cible en société en nom collectif
(SNC). La mise en place du régime d’intégration fiscale permet au groupe constitué par
la société holding et la société cible de bénéficier, sous réserve de respecter certaines
conditions, d’une économie d’impôt en faisant diminuer son assiette fiscale du montant
des intérêts de la dette d’acquisition. Les charges financières provenant de la dette
d’acquisition viennent donc en déduction, pour le calcul de l’impôt du groupe, du
résultat avant impôt de la cible.
L’obstacle au développement des opérations de LBO en France vient des contraintes
pratiques et légales en matière fiscale dans la compensation des charges de la dette
d’acquisition avec le résultat bénéficiaire de la cible.
L’effet de levier juridique
L’effet de levier juridique consiste à démultiplier le contrôle d’un actionnaire par la mise
en place d’une succession de holdings souvent en « cascade » dont le premier, dit
« holding de tête », ne détient qu’une infime part du capital de la cible.
Eu égard aux besoins en capitaux dans les opérations de LBO et la nécessité de séparer
le capital du pouvoir, l’utilisation des titres dérivés ou hybrides dans les sociétés par
actions permettent de limiter, augmenter ou modifier la répartition des droits de vote,
et diluer le capital et notamment l’ouvrir plus aisément aux investisseurs étrangers
futurs, sans pour autant diluer le pouvoir.
L’effet de levier social
Il s’agit du rôle joué par les repreneurs opérationnels dans les opérations à levier. Les
compétences doivent donc s’étendre aux fonctions clés d’une entreprise (commercial,
marketing, production, financier…).
Le LBO est donc souvent initié par l’investisseur qui sollicite simultanément le
management et bien entendu les principaux actionnaires. Le levier social s’appuie donc
sur la capacité des investisseurs à rallier les managers. La transformation d’une
opération de LBO en LBI n’est souvent pas acceptable pour des raisons de risques
maximum admissibles. C’est ainsi que ce levier est un levier fondamental à la réussite de
l’opération. Il est bien entendu contingenté par le niveau et la qualité du levier financier
qui dépendent comme nous l’avons vu, du type de montage et de la structure financière
proposée pour la conduite de l’opération puisque le levier social n’est pas une résultante
mais un facteur qui conditionne la formation et l’acceptation du prix de la cible.
Les opérations à effet de levier nécessitent l’intervention de nombreux acteurs dont les
objectifs peuvent être perçus comme différents, même si l’intérêt de tous converge
dans la réussite de l’opération, leur niveau d’exposition au risque et donc leurs
comportements sont différents. C’est ainsi que ces opérations sont souvent vécus
comme de véritables « chambres de cultures des conflits d’agences ».
Les investisseurs financiers en fonds propres
Dans le cadre de ces opérations, ces sociétés ont pour objet de prendre des
participations minoritaires ou majoritaires selon leur statut, dans des entreprises, aux
côtés des repreneurs. Les modes d’intervention les plus utilisés sont les actions
ordinaires (AO) et éventuellement des obligations convertibles
Les banquiers (dette senior)
Les conditions générales de la mise en place de la dette senior sont variables d’une
opération à l’autre, mais elles présentent des caractéristiques communes : peu de
garanties d’une part , le prêteur senior n’ayant pas de recours sur les actifs de la société
cible en contrepartie du prêt. Certains engagements de l’emprunteur à respecter des
covenants, tels que l’affectation prioritaire des dividendes de la cible au remboursement
des intérêts et du principal de la dette, est prioritaire en remboursement et en intérêts
par rapport à toute autre dette du LBO.
Les financements mezzanines
Il s’agit d’une dette à caractère hybride située entre fonds propres et dettes seniors. Elle
s’en distingue par sa nature (titres hybrides), son caractère subordonné, son couple
risque – rentabilité plus élevé que la dette senior.
Les financements mezzanines sont le plus souvent utilisés pour des buy outs de taille
moyenne (52 millions d’euros par opération en moyenne) ou des opérations plus
petites (14 millions d’euros).
Les managers
En charge de la gestion opérationnelle de l’entreprise cible, ces dirigeants sont soit des
équipes déjà en place lors de la transaction, soit des managers extérieurs recrutés pour
l’occasion par les investisseurs financiers (cas d’un LBI) soit un mélange des deux, soit
également un dirigeant potentiel, sans ou avec peu de moyens financiers et ayant une
LBO : mode efficace de financement d’acquisition des entreprises ?
cible en vue, qui saisit des investisseurs financiers avec l’intention de s’associer pour la
reprise de l’entreprise cible.
L’acquisition des entreprises avec effet de levier est un mode d’investissement
particulier dont la finalité n’est pas le développement de l’entreprise mais le
détournement de la quasi-totalité de la création de valeur de la firme vers les apporteurs
de fonds propres. C’est ce qui explique le fait que les entreprises reprises selon ce
procédé sont généralement mises en pression de façon importante. Vernimmen définit
le LBO comme une diminution de fonds propres de l’entreprise. En effet, monter un
LBO revient à détruire les fonds propres ou du moins une partie des fonds propres de
l’entreprise cible et à les remplacer par des prêts : c’est donc créer une situation
d’endettement sans raison économique fondamentale. Tout se passe en fait comme si
le financier souhaitait récupérer à son profit le différentiel de rentabilité occasionné par
une gestion et un management qui ne tire pas partie de la moindre occasion de valeur.
Encore faut-il ne pas se tromper de cible et ne pas confondre une approche cyclique et
une approche laxiste de la trésorerie. En outre, la multiplicité des intervenants et
l’aggravation du stress que génère le surendettement occasionné par la mise en place de
la dette d’acquisition génère des potentialités de conflits d’intérêt qui doivent
impérativement être traités dès la genèse de l’opération et donc dans le cadre du
processus d’acquisition et de mise en place, qui de fait constitue essentiellement un
processus de négociation.
Enfin, au-delà du levier financier, le LBO utilise la totalité des effets de leviers
possibles : juridique, fiscal, social. Chaque recherche d’optimisation comporte
évidemment un risque de rupture ou «d’excès d’habileté», pour reprendre la
terminologie de l’administration fiscale. La plupart des études et des articles mettent
systématiquement en avant ce type de risque. Sans vouloir aucunement les minimiser
ou les réduire à des risques accessoires, nous aurons tendance à estimer que ces risques
ne sont réellement préoccupants que dans la mesure où ils génèrent des risques
financiers qui se rajoutent au risque économique.
Il existe donc selon nous une hiérarchie des risques dont l’échelle, relativement courte,
place à son sommet l’ensemble des risques économiques et financiers.
La notion de réussite ou d’échec des opérations se mesure traditionnellement par la
mesure du TRI. Cette appréciation doit selon nous faire l’objet d’une mesure en
fonction de l’acteur qui intervient dans l’opération à son niveau. Nous constaterons
alors que le niveau de risque, c’est à dire l’espérance de succès ou de revers est bien
également hiérarchisé tant en en ce qui concerne sa probabilité d’occurrence, qu’en ce
qui concerne son niveau d’exposition.
Si le sort d’une opération est largement réglé au moment de sa mise en place, c’est à
dire de sa négociation, il apparaît que la capacité des intervenants à détecter et assumer
une crise conditionne leur capacité à conduire une négociation intelligente et efficace.
La crise révèle effectivement les divergences d’intérêt au grand jour. Il peut s’avérer
parfois plus délicat de rapprocher les intérêts d’acteurs qui tentent de sauver ce qu’ils
peuvent, et les intérêts d’acteurs qui initient une opération et qui sont dans un état
d’esprit de répartition de gains potentiels. En ce sens, on peut dire que les montages à
effet de levier constituent des catalyseurs et des « laboratoires de culture » des conflits
d’agence.
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