Recommander

Recherche

Catégories

Cession

Cession Acquisitions Evaluation des PME (non cotées)

J'ai créé ce blog pour enrichir ma réflexion, dans le cadre de la rédaction d'un support de formation que je suis en train de créér, sur le thème de l'évaluation des PME non cotées.

L'évaluation constitue la base de réflexion de toute action et bien entendu le support indispensable de la négociation. Celle ci ne se limite cependant pas à une querelle de chiffres. les comportements, l'expérience de chacun, les enjeux que chaque partie engage sont des élements souvent plus probants que la simple réalité comptable.

J'espere que les informations que vous pourrez trouver ici vous seront utiles. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires et de vos reflexions en engageant la discussion. Tous les points de vue, surtout les plus divergents sont les bienvenus.

Frédéric GARCIA

fgarcia@club-internet.fr

Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /Avr /2006 15:52

"La plupart des gens s'intéressent aux actions quand tout le monde fait de même. Le moment où il faut s'intéresser aux actions est quand personne ne s'y intéresse. Vous ne pouvez pas acheter ce qui est à la mode et faire un bon investissement". Warren Buffet

On connaît tous les phrases provocatrices de Warren buffet. Celle ci me semble particulièrement adaptée au risque que constitue la bourse et l'investissement en actions pour le petit porteur. On pourrait par extension que la bourse existe pour appauvrir les plus pauvres et enrichir les plus riches.

Appauvrir les plus pauvres parce qu'il n'y a de gagnants que contre des perdants.
Enrichir les plus riches... parce qu'ils bénéficient d'une meilleure information et d'un niveau d'expérience qui leur permet de mieux apprécier le tempo de la bourse.

dans le même style de diatribe, on pourrait également affirmer que le moment idéal pour sortir de la bourse est quand tout un chacun et surtout n'importe qui affirme vouloir investir....Le sommet de la courbe n'est jamais alors très loin et par expérience, nous savons tous que les inversions de tendance sont alors rapides et brutales.

Première caractéristique: Le petit porteur, entre dans le jeu quand l'écho de la hausse devient suffisamment perceptible pour que l'information financière pénètre le cercle de la presse non financière justement. Les journaux féminins, les hebdos divers génèrent un bruit qui laisse penser que l'investissement est systématiquement gagnant. Il est un fait avéré également, qu'en période de hausse toute décision d'achat est systématiquement pertinente. Les plus osés, encouragés par la publicité des traders en ligne démultiplient le risque par application de l'effet de levier (warrants ou srd).
Deuxième caractéristique fatale, le petit porteur, conscient de ses lacunes en terme d'information, se jette alors sur tout ce qui peut s'avérer "intéressant" à court terme. L'œil collé aux flux en quasi temps réel sur Internet, il achète souvent à contre temps et vend toujours au mauvais moment après une correction. Les corrections sont cependant nécessaires, autrement comment entrer sur le marché..... mais s'il y a des acheteurs, c'est bien parce qu'il y a des vendeurs.....

Il serait intéressant de faire une étude corrélative entre le volume d'information financière publié par la presse généraliste et les tendances de la cote.
J'ai lu il y a quelques années une étude qui démontrait que les traders amateurs, notamment les fous de l'intraday,  étaient perdants à 70% sur une période comprise entre 18 et 36 mois. Je ne pense pas en ce sens, que le jeu boursier soit une alternative crédible à l'acquisition d'une véritable PME. Cette attitude m'apparaît plus comme étant celle d'un client de casino qui démarre sa carrière par un coup de veine (quand ça monte tout monte, et tout le monde est génial) et continue à jouer jusqu'à ce qu'il ait finalement tout perdu... Sinon son argent, plus sûrement son temps....

 

Par Frédéric Garcia - Publié dans : Evaluation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /Avr /2006 21:12

Livre de finance d'entreprise Vernimmen

Peut etre pas tout à fait la bible mais pas loin.....
Par Frédéric Garcia - Publié dans : Sources et documentation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 18:59

Les chiffres sont interessants mais je doute de leur exhaustivité.
2 deals pour cic finances... je connais personnellement un chargé d'affaires qui en a réalisé plus de 3 à lui tout seul.
8 pour sodicca.... avec le nombre d'intervenants... et l'activité frénétique de ses équipes....
certains opérateurs ont peut etre publié les prises de participations, d'autres les deals....

comme d'habitude, dans le secteur... pour la transparence, on repassera.

lien vers l'article:   http://www.fraven.fr/scpoentreprise/tb.php?id=13

Par Frédéric Garcia - Publié dans : cession
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 08:22

evaluation d'une tpme non cotée - Exercice à risque.....

La différence d'échelle est à l'origine de différences de structures et de comportements.

L’évaluation des PME, voire des TPME constitue un exercice à haut risque pour l’évaluateur, notamment dans le cadre d’une démarche de cession ou de transaction sur capital. On distingue en effet les PME a fort intuitu personae et celles moins marquées au quotidien par la personnalité de leur dirigeant, qui est souvent leur créateur.

La première catégorie de société constitue l’immense majorité des PME. Elles sont souvent de petite taille (moins de 5 M€ de chiffre d’affaires), la croissance de leur volume d’activité est généralement faible voir inexistante. L’approche de leur dirigeant est principalement fiscale et la volonté de création de valeur ne constitue pas un objectif formulé déterminant. L’histoire personnelle de chacune de ces sociétés se répète quasiment à l’identique. On observe une phase de création en entreprise individuelle. Puis une transformation en SARL et pour finir, du fait de l’intégration d’autres sociétés ou de préoccupations de transmission familiales une transformation finale en SAS. Ces sociétés constituent souvent une extension directe du patrimoine privé du dirigeant ; qui conduit souvent l’observateur extérieur à les considérer comme des entreprises individuelles « déguisées en sociétés ». Le volume d’activité est très fréquemment auto limité par les seuils sociaux et la volonté du chef d’entreprise de rester seul aux commandes de son affaire, celui ci intégrant rarement l’intérêt d’ouvrir son capital et d’accepter la moindre dose de dilution et donc un regard extérieur, forcement critique sur sa gestion. Je me suis souvent rendu compte par expérience que les créateurs – animateurs de ces entreprises n’opéraient quasiment jamais une distinction entre l’apport en capital et la contribution opérationnelle à l’activité quotidienne de l’activité. On observe ainsi de fréquents conflits d’actionnaires, dans le cadre de transmission familiales réglées de façons rarement réfléchies d’une part mais également dans le cadre de distorsions d’intérêts entre les apporteurs de capitaux initiaux et les véritables détenteurs du pouvoir au sein de l’entreprise. Ceux ci tolèrent mal les exigences des premiers à bénéficier du partage de valeur au moment de la réalisation. Leurs apports initiaux sont jugés symboliques (ils étaient pourtant souvent indispensable au moment de la création de l’activité). C’est ainsi que très fréquemment, la politique de distribution de dividendes est nulle voire anecdotique, le dirigeant, malgré une fiscalité plus lourde et des risques de redressement bien plus importants, opte pour une politique de distribution de primes, systématisant la construction de son patrimoine personnel au travers de SCI et évitant, tant faire se peu d’extérioriser la rentabilité réelle de son affaire.Au final on se retrouve donc en présence d’entreprises souvent mal organisées ou le chef d’entreprise peut être assimilé à un homme orchestre cumulant à lui seul la responsabilité commerciale, voir la totalité de la relation commerciale, la responsabilité technique, financière comptable et stratégique s’il lui reste du temps. J’ai souvent rencontré de tels chefs d’entreprises qui au final pouvaient cumuler largement plus de 80 heures par semaines avec très peu de périodes d’interruptions tout au long de l’année. On ne peut bien évidemment les blâmer…. Mais le réveil peut s’avérer parfois douloureux quand après une rupture psychologique, ou tout simplement un énorme coup de fatigue, ceux ci décident alors de partir en recherche d’un repreneur…. Leurs enfants leur ayant annoncé leur désintérêt quant à la reprise de l’entreprise familiale.

Valeur prix et besoins personnels du cédant

Il faut alors trouver une valeur….celle ci se confond alors avec la simple notion de prix….. Le candidat à la cession entame un cheminement personnels qui entre le conseil du comptable dont l’intérêt n’est bien sur pas de perdre un client qu’il suit depuis de nombreuses années et qu’il aura tant de mal à remplacer…. Et entre ces besoins immédiats (maintien d’un certain niveau de train de vie, projet d’acquisition immobilière, diverses pensions à servir aux différentes épouses), l’approche du prix formulé pour la cession de l’entreprise n’a que peu à voir avec sa valeur de marché objective….Les méthodes d’évaluation à retenir doivent être simples…. Et facilement appréhensibles par les parties…..La valeur d’actif net corrigé bien sur…… mais que faire de la trésorerie parfois pléthorique et dont la rémunération dans le meilleur des cas n’excède pas 2%. le calcul de la valeur de goodwill ou de fonds de commerce est la aussi particulièrement acrobatique. Il n’est souvent fait aucune référence à un quelconque fonds de commerce au niveau de l’actif.. et pour cause, celui ci crée ex-nihilo par l’entreprise doit être recalculé (en fonction de méthodes de rentabilité qui mixent un certain nombre d’éléments totalement hétérogènes voir hétéroclites et laissent le champ libre à toutes les bizarreries). Comment faire comprendre dans ce cas à un cédant que son nom…. Sa notoriété …. Son savoir faire…. etc. n’ont de valeur qu’a conditions que les éléments mis en œuvre pour les rentabiliser ne dégagent pas un rendement dérisoire, voir négatif….surtout quand on leur répète que le fisc ne connaît que des goodwill à valeur positive.. une entreprise dans ce cas ne pourrait valoir moins que ses fonds propres ajustés à la valeur économique de l’actif….mais comment payer un actif dont la rentabilité est si faible (même après retraitements des sursalaires et autres largesses manageriale) qu’il faudrait pour se faire calculer un plan de financement sur 15 voir 20 ans……On rêve ou plutôt commence le cauchemar pour le cédant, qui s’accompagne parfois des premières manifestation d’agressivité vis à vis de ses conseils et des acquéreurs potentiels.

Le goodwill et les formules magiques

Le calcul du goodwill ou du fonds de commerce, c’est à dire de la capacité de l’affaire à dégager un bénéfice lui permettant d’entamer un processus d’accumulation et de rémunération du capital n’est effectivement pas chose aisée quand elle doit être appliquée à la négociation entre les parties.

Au delà de la panoplie des formules bien connues qui ont le principal avantage d’être connues de facon universelle à défaut d’être reconnues, la seule question qui se pose réellement est : « comment l’affaire peut elle se payer ? ».

L’ensemble de ces formules est globalement dérivée de la même logique que l’on peut résumer ainsi : le rendement de l’actif, à savoir le bénéfice moyen des trois dernières années, éventuellement pondéré est rapporté au rendement du placement de son équivalent monétaire à un taux sans risque. La différence est un profit anormal, la rente du surprofit, qui capitalisé à un taux sorti du chapeau exprime la valeur de cette rente. La sensibilité de ce calcul est toujours importante et dépend du taux de capitalisation ainsi que de l’horizon de capitalisation choisi… on voit immédiatement que malgré son apparente simplicité, ce type de méthode est déconnecté de la valeur économique de l’entreprise en tant que « machine » à produire du profit. La rente sera d’autant plus faible que la valeur de l’actif sera importante. Mais cet actif peut être exprimé par des valeurs économiques et financières très différentes de sa valeur comptable. Le risque réside effectivement dans l’actif, le poste client par exemple n’exprime pas la même valeur selon les modalités de financement qu’il peut offrir. En bref, on n’achete pas identiquement une créance mobilisable et une créance qui ne l’est que difficilement. Son cout de financement est très différent ; l’escompte commercial dans un cas, le découvert ou l’affacturage dans l’autre. Cette problématique est souvent évacuée du calcul du goodwill.

La construction du bénéfice retraité peut également preter à confusion. Les sursalaires constituent la base de leur éllaboration. Encore faut il s’entendre sur ce qu’est au juste un sursalaire. Il n’est pas rare de se retrouver en présence de cédants qui estiment que leur train de vie social doit être completement réintégré dans la capacité bénificiaire de l’affaire. C’est faire fi dans ce cas de la prétention de l’acquerreur à bénéficier d’un traitement normal en tant que salarié dirigeant. Il est vrai que la plupart, ont souvent abandonné des mois voir des années de salaires lors de la création de leur entreprise. Pourquoi un repreneur s’affranchirait il de leur période de galère.

Les puristes de l’évaluation affirmeront avec raison que la seule valeur d’une entreprise réside dans la valeur des cash flow futurs qu’elle est à même de dégager…Comme nous l’avons indiqué, l’approche type DCF est rarement applicable dans le cadre de la PME .
En effet, cette approche suppose l’élaboration d’un business plan précis et réaliste. L’expérience montre que très peu de TPME ont une vision claire de leur avenir proche. Rares sont celles qui en effet établissent des budgets, les décisions d’investissement étant prises intuitivement par un seul homme qui n’a que rarement le temps ou le goût de poser les données de son exploitation et de les projeter dans le temps.

Un repreneur de TPME n’est que rarement enclin à acheter le futur, cette attitude est très compréhensible. Pour lui, il achète un outil en état de marche, le futur lui appartient.
En ce sens, la démarche DCF, hormis de rares exceptions, basées sur des situation de rentes est peu applicable dans le cadre de ce type de négociation.

revenir aux fondamentaux: le financement de la cible

Il ne faut pas oublier qu’au delà des mandants et des divers conseils, le principal interlocuteur du repreneur est son banquier…Il peut donc accepter un prix qui lui semble correctement refléter la valeur de la cible qu’il convoite, encore lui faut il vendre ce prix à son financeur.
Si l’on admet que la durée de financement normale est comprise entre cinq et sept ans. La cible doit dégager suffisamment de ressources pour assurer son entretien (cash flow) ainsi que le prêt de la holding ayant permis d’acquérir son capital. La démarche du preteur est parfois plus restrictive que celle de l’investisseur. Le bénéfice anormal doit être intégralement issu de l’exploitation. Il faut également prévoir une marge de sécurité minimale. On ne peut donc envisager une distribution intégrale des bénéfices. Un rapport de 70% semble être un maximum. Le prêteur n’est pas non plus enclin à seul assumer le risque de l’acquisition. Si l’on considère que les fonds propres investis dans l’opération doivent en assumer le risque, le montage d’une acquisition doit s’entendre avec une part de fonds propres comprise entre 30 à 50%. Il est aisé de calculer la capacité de remboursement de la cible. Si cette capacité est importante et pérenne, c’est à dire si le prix n’est pas excessif, les fonds propres nécessaires seront réduits d’autant. Si le prix est anormalement élevé, cela signifie que la valeur du goodwill est importante. Dans ce cas, soit l’opération n’est pas réalisable, soit la différence, c’est à dire la valeur qu’accorde l’acquerreur à cette acquisition doit être financée par ses apports en fonds propres.

On entend par fonds propres, les apports en capitaux mais également les crédits vendeurs subordonnés ou encore le coupon couru.

Cette méthode est finalement très satisfaisante quoique peu élégante. Elle consiste à déterminer une valeur finançable de façons raisonnable.

Il est alors simple de s’entendre sur un prix. L’expérience montre donc qu’on a toujours intérêt à simplifier les données du problème. Encore faut il pour l’acquéreur avoir le courage de ne pas donner suite à une proposition apparemment attractive, surtout quand notre candidat à l’acquisition en est à sa douzième négociation infructueuse. Ces candidats sont très souvent des cadres quinquagénaires issus de grands groupes. Ceux ci souhaitent reproduire les schémas manageriaux qu’ils ont connu dans leur passé salarié. Ces raisonnements, éloignés de la réalité économique de la PME sont les principaux ennemis du repreneur… en bref, mieux vaut reprendre une petite unité rentable et bien structuré, qu’une cible importante à restructurer. A condition bien sur de maîtriser le métier car ne l’oublions pas, la plupart des PME sont des affaires de sous traitance bâties par des techniciens, rarement par des financiers ou des hommes de marketing.

Lien vers une ressource traitant du sujet:


http://transmission-cession-lbo.typepad.com/blog_sur_le_corporate_fin/2006/03/evaluation_fina.htm

Par Frédéric Garcia - Publié dans : Evaluation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /Avr /2006 22:23

J'ai rédigé un mémoire, en collaboration avec virginie pham sur le thème des LBO lors de mon master de finance au CNAM.

Le lien de téléchargement de ce travail est le suivant.

http://www.aficnam.org/IMG/pdf/MemFE03_07_-_LBO_Financement_acquisition_des_entreprises_-_PHAM_GARCIA.pdf

j'autorise toute utilisation, mais si vous me citez ayez la courtoisie de mentionner votre source et de me faire un signe.

Le résumé de ce travail est reproduit ci après:


Sumary


Les opérations à effet de levier mettent en oeuvre la combinaison de quatre leviers
principaux. Les mécanismes prévalant pour chacun d’eux sont relativement simples. La
complexité de ce type d’opération est néanmoins générée par la multiplicité des divers
niveaux de combinaisons possibles. Les principaux effets de levier sont le levier
financier, le levier fiscal, le levier juridique et le levier social et managérial.


Le levier financier est souvent résumé par le fait qu’il consiste à permettre le
financement d’un projet grâce à l’argent des autres. Cet effet de levier est la résultante
d’un phénomène simpliste, qui est le différentiel entre la rentabilité intrinsèque d’un
bien ou d’une entreprise et le coût des capitaux ayant permis de le financer. On
pourrait par extension penser que celui-ci sera d’autant plus important que les fonds
d’emprunt seront généreusement octroyés. C’est faire abstraction du coût de faillite qui
tend à être une fonction proportionnelle de la part des fonds propres alloués à
l’opération. L’opération, la plupart du temps, ne peut simplement pas être montée.


L’effet de levier fiscal
Le levier fiscal résulte des moyens mis en oeuvre permettant de minimiser le coût
d’opportunité fiscale du montage de LBO, en palliant l’existence simultanée d’un déficit
fiscal dans la société holding et d’un résultat imposable dans la cible. D’autres solutions
alternatives à levier fiscal mais d’un intérêt économique moindre sont l’utilisation d’une
société holding impure et la transformation de la cible en société en nom collectif
(SNC). La mise en place du régime d’intégration fiscale permet au groupe constitué par
la société holding et la société cible de bénéficier, sous réserve de respecter certaines
conditions, d’une économie d’impôt en faisant diminuer son assiette fiscale du montant
des intérêts de la dette d’acquisition. Les charges financières provenant de la dette
d’acquisition viennent donc en déduction, pour le calcul de l’impôt du groupe, du
résultat avant impôt de la cible.
L’obstacle au développement des opérations de LBO en France vient des contraintes
pratiques et légales en matière fiscale dans la compensation des charges de la dette
d’acquisition avec le résultat bénéficiaire de la cible.


L’effet de levier juridique
L’effet de levier juridique consiste à démultiplier le contrôle d’un actionnaire par la mise
en place d’une succession de holdings souvent en « cascade » dont le premier, dit
« holding de tête », ne détient qu’une infime part du capital de la cible.
Eu égard aux besoins en capitaux dans les opérations de LBO et la nécessité de séparer
le capital du pouvoir, l’utilisation des titres dérivés ou hybrides dans les sociétés par
actions permettent de limiter, augmenter ou modifier la répartition des droits de vote,
et diluer le capital et notamment l’ouvrir plus aisément aux investisseurs étrangers
futurs, sans pour autant diluer le pouvoir.


L’effet de levier social
Il s’agit du rôle joué par les repreneurs opérationnels dans les opérations à levier. Les
compétences doivent donc s’étendre aux fonctions clés d’une entreprise (commercial,
marketing, production, financier…).
Le LBO est donc souvent initié par l’investisseur qui sollicite simultanément le
management et bien entendu les principaux actionnaires. Le levier social s’appuie donc
sur la capacité des investisseurs à rallier les managers. La transformation d’une
opération de LBO en LBI n’est souvent pas acceptable pour des raisons de risques
maximum admissibles. C’est ainsi que ce levier est un levier fondamental à la réussite de
l’opération. Il est bien entendu contingenté par le niveau et la qualité du levier financier
qui dépendent comme nous l’avons vu, du type de montage et de la structure financière
proposée pour la conduite de l’opération puisque le levier social n’est pas une résultante
mais un facteur qui conditionne la formation et l’acceptation du prix de la cible.


Les opérations à effet de levier nécessitent l’intervention de nombreux acteurs dont les
objectifs peuvent être perçus comme différents, même si l’intérêt de tous converge
dans la réussite de l’opération, leur niveau d’exposition au risque et donc leurs
comportements sont différents. C’est ainsi que ces opérations sont souvent vécus
comme de véritables « chambres de cultures des conflits d’agences ».


Les investisseurs financiers en fonds propres
Dans le cadre de ces opérations, ces sociétés ont pour objet de prendre des
participations minoritaires ou majoritaires selon leur statut, dans des entreprises, aux
côtés des repreneurs. Les modes d’intervention les plus utilisés sont les actions
ordinaires (AO) et éventuellement des obligations convertibles


Les banquiers (dette senior)
Les conditions générales de la mise en place de la dette senior sont variables d’une
opération à l’autre, mais elles présentent des caractéristiques communes : peu de
garanties d’une part , le prêteur senior n’ayant pas de recours sur les actifs de la société
cible en contrepartie du prêt. Certains engagements de l’emprunteur à respecter des
covenants, tels que l’affectation prioritaire des dividendes de la cible au remboursement
des intérêts et du principal de la dette, est prioritaire en remboursement et en intérêts
par rapport à toute autre dette du LBO.


Les financements mezzanines
Il s’agit d’une dette à caractère hybride située entre fonds propres et dettes seniors. Elle
s’en distingue par sa nature (titres hybrides), son caractère subordonné, son couple
risque – rentabilité plus élevé que la dette senior.
Les financements mezzanines sont le plus souvent utilisés pour des buy outs de taille
moyenne (52 millions d’euros par opération en moyenne) ou des opérations plus
petites (14 millions d’euros).


Les managers
En charge de la gestion opérationnelle de l’entreprise cible, ces dirigeants sont soit des
équipes déjà en place lors de la transaction, soit des managers extérieurs recrutés pour
l’occasion par les investisseurs financiers (cas d’un LBI) soit un mélange des deux, soit
également un dirigeant potentiel, sans ou avec peu de moyens financiers et ayant une
LBO : mode efficace de financement d’acquisition des entreprises ?
cible en vue, qui saisit des investisseurs financiers avec l’intention de s’associer pour la
reprise de l’entreprise cible.


L’acquisition des entreprises avec effet de levier est un mode d’investissement
particulier dont la finalité n’est pas le développement de l’entreprise mais le
détournement de la quasi-totalité de la création de valeur de la firme vers les apporteurs
de fonds propres. C’est ce qui explique le fait que les entreprises reprises selon ce
procédé sont généralement mises en pression de façon importante. Vernimmen définit
le LBO comme une diminution de fonds propres de l’entreprise. En effet, monter un
LBO revient à détruire les fonds propres ou du moins une partie des fonds propres de
l’entreprise cible et à les remplacer par des prêts : c’est donc créer une situation
d’endettement sans raison économique fondamentale. Tout se passe en fait comme si
le financier souhaitait récupérer à son profit le différentiel de rentabilité occasionné par
une gestion et un management qui ne tire pas partie de la moindre occasion de valeur.
Encore faut-il ne pas se tromper de cible et ne pas confondre une approche cyclique et
une approche laxiste de la trésorerie. En outre, la multiplicité des intervenants et
l’aggravation du stress que génère le surendettement occasionné par la mise en place de
la dette d’acquisition génère des potentialités de conflits d’intérêt qui doivent
impérativement être traités dès la genèse de l’opération et donc dans le cadre du
processus d’acquisition et de mise en place, qui de fait constitue essentiellement un
processus de négociation.


Enfin, au-delà du levier financier, le LBO utilise la totalité des effets de leviers
possibles : juridique, fiscal, social. Chaque recherche d’optimisation comporte
évidemment un risque de rupture ou «d’excès d’habileté», pour reprendre la
terminologie de l’administration fiscale. La plupart des études et des articles mettent
systématiquement en avant ce type de risque. Sans vouloir aucunement les minimiser
ou les réduire à des risques accessoires, nous aurons tendance à estimer que ces risques
ne sont réellement préoccupants que dans la mesure où ils génèrent des risques
financiers qui se rajoutent au risque économique.


Il existe donc selon nous une hiérarchie des risques dont l’échelle, relativement courte,
place à son sommet l’ensemble des risques économiques et financiers.


La notion de réussite ou d’échec des opérations se mesure traditionnellement par la
mesure du TRI. Cette appréciation doit selon nous faire l’objet d’une mesure en
fonction de l’acteur qui intervient dans l’opération à son niveau. Nous constaterons
alors que le niveau de risque, c’est à dire l’espérance de succès ou de revers est bien
également hiérarchisé tant en en ce qui concerne sa probabilité d’occurrence, qu’en ce
qui concerne son niveau d’exposition.

Si le sort d’une opération est largement réglé au moment de sa mise en place, c’est à
dire de sa négociation, il apparaît que la capacité des intervenants à détecter et assumer
une crise conditionne leur capacité à conduire une négociation intelligente et efficace.
La crise révèle effectivement les divergences d’intérêt au grand jour. Il peut s’avérer
parfois plus délicat de rapprocher les intérêts d’acteurs qui tentent de sauver ce qu’ils
peuvent, et les intérêts d’acteurs qui initient une opération et qui sont dans un état
d’esprit de répartition de gains potentiels. En ce sens, on peut dire que les montages à
effet de levier constituent des catalyseurs et des « laboratoires de culture » des conflits
d’agence.

Par Frédéric Garcia - Publié dans : LBO
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus